Les art martiaux au féminin selon Marie-Hélène Leboeuf

L’image de la femme fragile, faible et vulnérable a de moins en moins la cote dans notre société moderne. Auparavant, plusieurs justifiaient leur choix de pratiquer le karaté, le judo, l’autodéfense ou leur sport de combat en le liant à un sentiment de sécurité. Apprendre à se défendre en cas d’agression, c’est effectivement l’objectif ultime des arts martiaux. Mais encore? Serait-ce maintenant l’échappatoire parfaite pour les femmes qui mènent des vies surchargées et qui ont un rythme de vie exigeant?

Nous avons eu la grande chance de rencontrer Marie-Hélène Leboeuf qui, à ce jour, détient 6 titres de championne du monde en karaté. Nous avons discuté avec elle de la place qu’ont les femmes dans le domaine des arts martiaux. Pour sa part, suite à une pause, elle a fait un retour à la compétition à 34 ans, car elle avait encore en elle le désir d’aller plus loin. «Les entraînements et le karaté aident à garder un équilibre», dit-elle.

 


Effectivement, les femmes de 2019, celles qui portent plusieurs chapeaux, qui sont fortes, indépendantes et libres veulent préserver leur santé de même que leur équilibre mental. La discipline qu’offrent les sports de combat remplit bien ce rôle. Les arts martiaux permettent indéniablement de se défouler et d’évacuer le stress, mais offrent aussi beaucoup d’avantages.


Marie-Hélène qui est maintenant mariée et mère de 2 jeunes enfants utilise entre autres son sport pour bien affronter la grande spirale métro-boulot-dodo. Auparavant, ses entraînements étaient beaucoup plus fréquents, car elle n’avait pas d’engagement familial, mais maintenant qu’elle doit diviser son temps entre la famille, le couple, le travail, le sport, les compétitions, les devoirs et les activités des enfants, elle affirme que les entraînements passent en dernier à l’horaire. Toutefois, elle s’efforce d’en maintenir un minimum de deux par semaine pour garder la forme et l’équilibre. «Mes entraînements sont beaucoup moins nombreux, mais je les fais avec beaucoup plus d’intensité et d’efficacité! Je les maximise au plus haut point!», dit-elle.

Marie-Hélène dit que sa maturité actuelle et ses responsabilités familiales éclairent les objectifs qu’elle se fixe : «lorsque je veux vraiment atteindre un but précis en compétition, je me donne tous les moyens pour y arriver». Bien qu’elle ressente souvent un sentiment de culpabilité envers ses enfants lorsqu’elle monopolise du temps familial pour aller en compétition, elle réalise qu’elle devient à la fois un excellent modèle de persévérance et de réussite pour ses enfants. Elle remplit donc très bien son rôle de mère en inculquant cette belle discipline à ses enfants, qui d’ailleurs, pratiquent eux aussi le karaté. Ils ont aussi le grand plaisir de dire que «maman est la meilleure DANS le monde! ». C’est donc l’exemple parfait qui nous illustre que peu importe l’ampleur de nos objectifs, il suffit d’y mettre du cœur et de s’accorder un peu de temps pour y arriver. Pas besoin d’être une athlète de niveau international pour être sportive et inspirante!

Cette championne du monde encourage grandement les filles à se lancer au combat si elles en ont l’intérêt, car elles pourraient en développer une grande passion. «Le karaté est bon pour travailler l’expression, pour améliorer la capacité physique, pour apprendre l’autodéfense, pour ouvrir différentes avenues (plaisir, entraînement, compétition, apprentissage d’une discipline, etc.)», affirme-t-elle.
Son message aux femmes : «Go! Lancez-vous et magasinez vos arts martiaux! Il existe tellement de sortes et de style de combats qui découlent de cet art japonais. Chacun a sa particularité. N’hésitez pas à visiter les différentes écoles pour tester, essayer et découvrir le type de karaté qui vous allume et qui vous parle!».